réponse à une question
leçon du jeudi 23 janvier 2003
Question : la doctrine kantienne du beau est-elle classique ou romantique ?
Réponse : Elle est néo-classique. En effet, chez Kant, la beauté est, toujours, strictement formelle, jamais matérielle. Pourquoi la beauté est-elle toujours formelle ? Parce que, seule, peut servir de symbole, à la béatitude, une multiplicité formelle, saisie dans son unité, puisqu'il s'agit d'une liaison entre la faculté de penser et la faculté de sentir, qui sont des facultés formelles. Le problème est le suivant : comment la faculté de penser et la faculté de sentir peuvent-elles dessiner une forme unique ? L'expérience du beau, comme symbole de la béatitude, est une expérience purement formelle parce qu'il s'agit de trouver une relation entre deux formes, même si c'est, là, quelque chose qu'on ne peut faire qu'à l'occasion d'un contenu sensible, qui est l'objet qu'on déclare beau. Toutefois, ce contenu sensible n'est lui-même envisagé, ici, que dans sa dimension simplement formelle, comme ensemble de formes sensibles dans lesquelles s'unifie une multiplicité sensible. Si la faculté de penser et la faculté de sentir sont des formes, même transcendantales, alors la composition de ces deux facultés ne peut elle-même qu'être formelle. La jouissance esthétique est donc purement formelle.
Qu'est-ce qui, dans ce qui est beau, symbolise, à proprement parler, la béatitude ? Est-ce l'aspect matériel, les couleurs et les sons ? Ou est-ce l'aspect formel, le dessin, dans les arts visuels, la hauteur, plutôt que le timbre, dans la musique ? Du point de vue de l'harmonie, qui est, à proprement parler, ce qui symbolise la béatitude, ce sont les accords et les intervalles. Autrement dit, de ce point de vue, qui est celui de Rameau, ce qui est beau, ce n'est pas le son avec sa hauteur déterminée ; ce qui est beau, c'est d'entendre do mi sol en même temps. Ce qu'on entend, c'est le silence qu'il y a entre ces trois notes, c'est-à-dire leur relation purement formelle, sans qu'elle se détache sur aucun fond ontologique, ni sur aucune surdité d'un instinct de mort. C'est l'accord parfait de la musique tonale classique. Auparavant, c'était le contrepoint, c'est-à-dire l'entrelacement de plusieurs lignes mélodiques.
Réponse : Elle est néo-classique. En effet, chez Kant, la beauté est, toujours, strictement formelle, jamais matérielle. Pourquoi la beauté est-elle toujours formelle ? Parce que, seule, peut servir de symbole, à la béatitude, une multiplicité formelle, saisie dans son unité, puisqu'il s'agit d'une liaison entre la faculté de penser et la faculté de sentir, qui sont des facultés formelles. Le problème est le suivant : comment la faculté de penser et la faculté de sentir peuvent-elles dessiner une forme unique ? L'expérience du beau, comme symbole de la béatitude, est une expérience purement formelle parce qu'il s'agit de trouver une relation entre deux formes, même si c'est, là, quelque chose qu'on ne peut faire qu'à l'occasion d'un contenu sensible, qui est l'objet qu'on déclare beau. Toutefois, ce contenu sensible n'est lui-même envisagé, ici, que dans sa dimension simplement formelle, comme ensemble de formes sensibles dans lesquelles s'unifie une multiplicité sensible. Si la faculté de penser et la faculté de sentir sont des formes, même transcendantales, alors la composition de ces deux facultés ne peut elle-même qu'être formelle. La jouissance esthétique est donc purement formelle.
Qu'est-ce qui, dans ce qui est beau, symbolise, à proprement parler, la béatitude ? Est-ce l'aspect matériel, les couleurs et les sons ? Ou est-ce l'aspect formel, le dessin, dans les arts visuels, la hauteur, plutôt que le timbre, dans la musique ? Du point de vue de l'harmonie, qui est, à proprement parler, ce qui symbolise la béatitude, ce sont les accords et les intervalles. Autrement dit, de ce point de vue, qui est celui de Rameau, ce qui est beau, ce n'est pas le son avec sa hauteur déterminée ; ce qui est beau, c'est d'entendre do mi sol en même temps. Ce qu'on entend, c'est le silence qu'il y a entre ces trois notes, c'est-à-dire leur relation purement formelle, sans qu'elle se détache sur aucun fond ontologique, ni sur aucune surdité d'un instinct de mort. C'est l'accord parfait de la musique tonale classique. Auparavant, c'était le contrepoint, c'est-à-dire l'entrelacement de plusieurs lignes mélodiques.
Par oyseaulx
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| 11/09/2006 23:28
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