Quelle différence y a-t-il entre un symbole et un exemple ? Un jugement qui procure une connaissance repose sur un concept. Le jugement : « Ce que je vois qui sort de l'eau à l'horizon, c'est une baleine » est un jugement qui, premièrement, me procure la connaissance de « ce que je vois », en le déterminant comme « une baleine » ( « ce que je vois à l'horizon » est une représentation sensible, mais indéterminée, car je ne sais pas ce que c'est ; « la baleine » est un concept, qui détermine la représentation précédente, en lui servant d'attribut dans un jugement), et, deuxièmement, repose sur un concept, le concept de baleine ; « baleine » est un concept à la fois logique et empirique (c'est empirique, parce que ça n'est pas une catégorie et que ça dérive de l'expérience ; une catégorie est une liaison a priori entre deux choses ou deux représentations). Dans ces deux conditions, « ce que je vois qui sort de l'eau à l'horizon » est un exemple du concept de baleine ; pour qu'il y ait exemple, il faut donc qu'il y ait concept présenté dans une expérience. Un concept, y compris un concept qui est empirique, est une représentation qui, en tant que concept, n'est jamais dans l'expérience, mais toujours dans la pensée. Ce qui est dans l'expérience, ce n'est donc pas le concept, mais ce qui lui correspond dans l'expérience, c'est-à-dire l'exemple de ce concept ; ainsi, « mon chien » est un exemple du concept de Chien. L'exemple présente le concept. Le concept ne fait pas partie de l'expérience, mais a pour fonction de rendre l'expérience possible. Autrement dit, le concept est ce dont l'application a pour effet de transformer la perception en expérience. La perception est subjective, et l'expérience est objective. Exemple de perception : « ce que je vois qui sort de l'eau à l'horizon » ; c'est subjectif, parce que c'est indéterminé, parce que chacun y voit ce qu'il veut. Au contraire, l'expérience, c'est la perception déterminée par son concept. Il y a des concepts pour permettre à la représentation d'être objective ; s'il n'y avait pas de concepts, nous n'aurions que des représentations subjectives ; autrement dit, à l'encontre d'une illusion répandue, la représentation objective, c'est-à-dire la connaissance, n'est pas un langage, parce que la relation entre le signifiant et le signifié est une relation de nature subjective.

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