finalité idéelle et analogie
leçon du jeudi 9 janvier 2003
A partir de l'exemple du pain, nous allons examiner successivement, premièrement, ce qui se passe dans le cas de la poire, sur le modèle de ce qui s'est passé dans le cas du pain, deuxièmement, ce qui se passe dans le cas de la fleur, sur le modèle de ce qui se passe dans le cas de la poire.
Donc, chez le boulanger, je me dis, premièrement, qu'un pain ne saurait naître spontanément, comme un poirier, mais ne peut pas exister si l'on
n'admet qu'il est le résultat d'une intention consciente de la part du boulanger ; deuxièmement, que le boulanger a fabriqué ce pain en vue de le vendre à son client que je suis. Une finalité est subjective, lorsque celui des deux termes de la relation qui est fin, c'est moi ; dans ce cas, c'est une finalité subjective : la fin, c'est de me faire plaisir ; le moyen, c'est de m'acheter un livre, par exemple. Une finalité objective, c'est lorsque quelque chose ne peut pas exister si l'on n'admet pas qu'il est le résultat d'une intention consciente : lorsque, dans l'étal d'un libraire, on trouve un livre dans lequel les lettres se combinent en mots et en phrases qui ne sont pas l'effet d'un hasard produit par un chat qui s'est promené sur
le clavier d'un ordinateur, mais de quelqu'un qui a tapé à bon escient.
Or, si j'ai de nouveau faim, je n'ai plus envie de manger du pain, mais une poire. Premièrement, je ne me dis pas que le maraîcher a produit cette poire pour me faire plaisir, au sens où le boulanger l'a fait avec le pain, deuxièmement, il n'empêche que cette poire me fait tellement plaisir qu'il est impossible que quelqu'un ne l'ait pas produit pour me faire plaisir ; c'est donc une finalité subjective. Ça tombe trop bien pour que ce soit l'effet du hasard. Troisièmement, il y a un problème, car je ne connais personne qui fabrique des poires en pensant à moi et, même, je n'ai aucun indice de son existence ; dans le cas du pain, je connais le boulanger. Quatrièmement, en récapitulant, je finis par me dire que tout conduit à penser que Dieu existe et, en même temps, que rien n'autorise à l'affirmer (pensée typiquement bourgeoise). Tout se passe comme si Dieu avait créé les poires pour me faire plaisir, mais rien ne me prouve que c'est ainsi que les choses se sont passées dans la réalité. Bref, la relation finale entre la poire et son consommateur est un exemple d'une finalité subjective idéelle. La finalité idéelle est une manière selon laquelle je ne puis m'empêcher de me représenter que les choses se passent, alors qu'en réalité je n'en sais rien et qu'elles se passent, peut-être, d'une manière complètement différente, que je n'arrive même pas à imaginer. Dans le cas du pain, nous avons une finalité subjective réelle ; dans le cas de la poire, nous avons une finalité subjective idéelle.
Mais pourquoi est-ce que je raisonne ainsi dans le cas de la poire ? Evidemment, parce que j'ai présent à l'esprit l'exemple du pain, où la finalité est réelle, et, donc, il s'agit d'un raisonnement par analogie. La finalité idéelle est conclue par un raisonnement analogique. C'est par analogie avec
le cas du pain, où il y a un boulanger, que je conclus, dans le cas de la poire, à l'existence de quelqu'un qui fabrique des poires et qui est, par rapport à la poire, ce qu'est le boulanger par rapport au pain. Rien ne me prouve que Dieu existe et, néanmoins, je ne puis m'empêcher de penser qu'il existe, parce que la conformité qu'il y a, entre la pulpe de la poire et mes exigences alimentaires, ne saurait être fortuite. Dieu, c'est ce qui, par rapport à la poire, occupe la place du boulanger, par rapport au pain.
Donc, chez le boulanger, je me dis, premièrement, qu'un pain ne saurait naître spontanément, comme un poirier, mais ne peut pas exister si l'on
n'admet qu'il est le résultat d'une intention consciente de la part du boulanger ; deuxièmement, que le boulanger a fabriqué ce pain en vue de le vendre à son client que je suis. Une finalité est subjective, lorsque celui des deux termes de la relation qui est fin, c'est moi ; dans ce cas, c'est une finalité subjective : la fin, c'est de me faire plaisir ; le moyen, c'est de m'acheter un livre, par exemple. Une finalité objective, c'est lorsque quelque chose ne peut pas exister si l'on n'admet pas qu'il est le résultat d'une intention consciente : lorsque, dans l'étal d'un libraire, on trouve un livre dans lequel les lettres se combinent en mots et en phrases qui ne sont pas l'effet d'un hasard produit par un chat qui s'est promené sur
le clavier d'un ordinateur, mais de quelqu'un qui a tapé à bon escient.Or, si j'ai de nouveau faim, je n'ai plus envie de manger du pain, mais une poire. Premièrement, je ne me dis pas que le maraîcher a produit cette poire pour me faire plaisir, au sens où le boulanger l'a fait avec le pain, deuxièmement, il n'empêche que cette poire me fait tellement plaisir qu'il est impossible que quelqu'un ne l'ait pas produit pour me faire plaisir ; c'est donc une finalité subjective. Ça tombe trop bien pour que ce soit l'effet du hasard. Troisièmement, il y a un problème, car je ne connais personne qui fabrique des poires en pensant à moi et, même, je n'ai aucun indice de son existence ; dans le cas du pain, je connais le boulanger. Quatrièmement, en récapitulant, je finis par me dire que tout conduit à penser que Dieu existe et, en même temps, que rien n'autorise à l'affirmer (pensée typiquement bourgeoise). Tout se passe comme si Dieu avait créé les poires pour me faire plaisir, mais rien ne me prouve que c'est ainsi que les choses se sont passées dans la réalité. Bref, la relation finale entre la poire et son consommateur est un exemple d'une finalité subjective idéelle. La finalité idéelle est une manière selon laquelle je ne puis m'empêcher de me représenter que les choses se passent, alors qu'en réalité je n'en sais rien et qu'elles se passent, peut-être, d'une manière complètement différente, que je n'arrive même pas à imaginer. Dans le cas du pain, nous avons une finalité subjective réelle ; dans le cas de la poire, nous avons une finalité subjective idéelle.
Mais pourquoi est-ce que je raisonne ainsi dans le cas de la poire ? Evidemment, parce que j'ai présent à l'esprit l'exemple du pain, où la finalité est réelle, et, donc, il s'agit d'un raisonnement par analogie. La finalité idéelle est conclue par un raisonnement analogique. C'est par analogie avec
le cas du pain, où il y a un boulanger, que je conclus, dans le cas de la poire, à l'existence de quelqu'un qui fabrique des poires et qui est, par rapport à la poire, ce qu'est le boulanger par rapport au pain. Rien ne me prouve que Dieu existe et, néanmoins, je ne puis m'empêcher de penser qu'il existe, parce que la conformité qu'il y a, entre la pulpe de la poire et mes exigences alimentaires, ne saurait être fortuite. Dieu, c'est ce qui, par rapport à la poire, occupe la place du boulanger, par rapport au pain.
Par oyseaulx
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| 17/06/2006 18:41
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