ex ungue leonem...
leçon du mardi 7 janvier 2003
Quelle différence y a-t-il entre, d'un côté, le pain et, de l'autre, une fleur et une poire ? La poire et la fleur sont des produits naturels, elles poussent spontanément. Le pain est un produit de l'art humain. Autrement dit, l'opposition sur laquelle se fonde ce deuxième développement, c'est : la nature et la technique. Le spécialiste en est Heidegger. On pourrait dire qu'il n'y a peut-être pas de finalité dans la Nature, alors qu'il y en a toujours une dans l'art humain. L'art, c'est la technique de production. Premièrement, une mise en garde, envers nos contemporains qui regardent la télévision et qui parlent français comme des cochons et emploient le mot « finalité » dans un mauvais sens ; c'est le caractère cochon, car ils devraient employer le mot « fin ». « Fin » veut dire : « le but ». La fin, c'est d'obtenir le bac, et le moyen est d'écouter en cours. Entre le moyen et la fin, il y a une relation qui est la finalité. La finalité n'est pas une chose, mais une relation entre deux choses, qui sont la fin et le moyen. Cette relation qui s'appelle la finalité est un cas particulier de la causalité. La relation de moyen à fin est un cas particulier de la relation de cause à effet.
Il faut préciser les conditions dans lesquelles la causalité devient finalité. La causalité est une finalité lorsque l'effet est l'effet d'une cause intelligente et, dans ce cas, l'effet est une fin. Si je rencontre, sur une plage, une figure géométrique tracée dans le sable, je sais que je ne suis pas dans une île déserte, parce qu'une figure géométrique ne peut pas
être produite mécaniquement par la rencontre des vagues et du sable. Une figure géométrique est une fin ; ça veut dire qu'elle ne peut exister que si l'on admet qu'elle est le résultat d'une intention consciente. Donc, la définition générale d'une fin, c'est : « Est fin, quelque chose qui ne peut exister que si l'on admet qu'il est le résultat (l'effet) d'une intention consciente. », par exemple, une figure géométrique, ou, encore, un pain.Dans le cas d'une figure géométrique, nous avons une finalité formelle. Un pain présente, en outre, une finalité matérielle. Le pain s'inscrit dans une double finalité, formelle et matérielle. Cette opposition entre formel et matériel reprend l'opposition aristotélicienne d'une forme et d'une matière, reprise par Kant, qui ajoute une précision : il explique vraiment ce que ça veut dire. Tout ce qui a une matière a aussi une forme ; il n'y a pas de matière sans forme. Seuls, existent les êtres ; les êtres se divisent en deux catégories : il y a des êtres qui ont une forme, mais qui n'ont pas de matière, par exemple une figure géométrique, tous les êtres géométriques, d'une façon générale, de même que les nombres, mais aussi les êtres divins que sont les astres, qui sont des êtres vivants, pour Aristote, car ils possèdent le mouvement, et aussi des êtres divins, car ce mouvement est éternel. La classe des êtres formels a une limite : les êtres divins. Il y a aussi des êtres qui sont composés de forme et de matière : les métaux, les pierres, les végétaux, les animaux ; ils sont soumis à la naissance et à la mort. Mais, seuls, sont des êtres les êtres naturels, car ils naissent spontanément ; les produits de l'art humain sont des artéfacts. S'il y a vie, c'est-à-dire mouvement spontané, il y a forme. Ce qui est déterminant, c'est, toujours, la forme, et non la matière.
Par oyseaulx
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