Que se passe-t-il lorsque je dis que cette fleur est belle ? L'analyse de ce jugement est une analyse qui se fait en deux moments inégaux. L'analyse du jugement  « Cette fleur est belle » se compose, premièrement, d'une analyse théorique et logique, bête et méchante, puis, d'une deuxième analyse, cette fois, d'ordre existentiel.
    Premièrement, on pourrait croire que, dans ce jugement, un attribut (« belle ») se trouve affirmé d'un sujet qui est la fleur. Et on pourrait conclure que la beauté est une propriété de la fleur. Il n'y a rien à dire à cela, mais, quand même, réfléchissons : si tel était le cas, le jugement « Cette fleur est belle » serait un jugement qui procurerait la connaissance de son objet. Or, on peut se demander si c'est vraiment le cas, car, à y regarder de près, est-ce que ce jugement m'apprend vraiment quelque chose sur la fleur ? Ne serait-il pas plus exact de dire que ce jugement ne m'apprend pas grand-chose sur la fleur, mais, en revanche, m'apprend beaucoup plus de choses sur le sujet qui la contemple ? On résumera ces différences en disant que le jugement « Cette fleur est belle » n'est pas un jugement logique et objectif, mais un jugement esthétique et subjectif. Autrement dit, une deuxième analyse s'impose. Une analyse transcendantale de la situation existentielle vécue par quelqu'un qui dit : « Cette fleur est belle ». Une certaine forme d'existentialisme renvoie à Kant. L'existentialisme, c'est, à travers l'héritage husserlien, la forme moderne de la philosophie transcendantale.

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