Les leçons de philosophie qu’on lira ci-après ont été réellement données, dans une classe de terminale d’un lycée public de la région parisienne, au cours de l’année scolaire 2002-2003. Leur publication ne s’adresse pas à un public scolaire et l’on ne trouvera pas, ici, la restitution de l’enseignement dispensé en vue de traiter le programme prévu par l’institution où cet enseignement a eu à s’inscrire. Il nous a paru préférable de procéder à une sélection qui a retenu certains développements, correspondant, en général, à des périodes de plusieurs semaines, qui nous paraissent présenter un intérêt intrinsèque et une richesse suffisante pour solliciter l’attention du public cultivé. Les leçons qu’on trouvera dans cet ouvrage ont été reproduites par l’une d’entre nous d’après ses notes personnelles, prises avec le plus grand soin, et ce travail de rédaction a abouti à une version initiale qui a été soumise à l’auteur du cours. Dans quelques cas de défaillance de la mémoire ou d’excès de l’improvisation, des retouches ont été apportées par ce dernier, et il a été procédé, ainsi, à plusieurs navettes entre les coauteurs de l’ouvrage. Aussi, notre collaboration a été suffisamment étroite pour autoriser, à nos yeux, l’attestation d’une double paternité reconnue par une double signature. Si l’un d’entre nous assume la responsabilité théorique et doctrinale des interprétations proposées, l’autre assume celle de l’exposition et de la présentation qui leur sont, ici, données, et qui sont fort différentes de l’inspiration dont témoignent la plupart des publications parues dans ce domaine. Nous nous situons délibérément à l’écart des courants de pensée institutionnellement établis et nous pensons que nous n’avons qu’à gagner à nous départir de toute allégeance, fût-elle subversive, dès lors que l’étude attentive et patiente des textes de la tradition nous paraît susceptible d’en opérer, d’elle-même et sans aucune référence à une contestation qui trouverait sa forme institutionnelle dans une pratique établie, la subversion. En ce sens, nous souhaitons que la bibliographie que nous produisons à la fin de l’ouvrage soit entendue comme un véritable apparat critique permettant, au lecteur, de restituer, à l’instar d’une pratique bien établie parmi les philologues, la genèse de nos interprétations à partir du matériau documentaire réuni. Ce même souci de rigueur philologique et critique nous a conduits à recourir, d’une manière assez systématique, à l’examen des sources dans la langue originale et à proposer, le cas échéant, des traductions personnelles, dont on trouvera quelques exemples dans les Appendices.

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